3 attitudes pour travailler moins et gagner plus

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J’ai longtemps blâmé mon employeur pour sa réticence à récompenser mon travail à ce que je pensais être sa juste valeur. Durant des années j’ai travaillé plus de 50 heures par semaine pour de bien modestes augmentations de salaire. Comme cela arrive souvent, j’ai fini par ajuster ma contribution à l’idée que je me faisais de ma rétribution. Concrètement je me suis mis à faire moins d’heures, vraiment moins. Ces années là, un sentiment de honte me saisissait car je finissais mes journées à l’heure où mes collègues quittaient la ronde des réunions pour entamer leur travail personnel jusque tard le soir. Paradoxalement, c’est à cette période que mes patrons m’ont le mieux récompensé. Je travaillais moins et je gagnais plus! Plus tard Nicolas Sarkozy enfonçait le clou de ma culpabilité avec sa fameuse formule. Vraiment le système d’évaluation me paraissait bien superficiel. Il m’aura fallu encore quelques années pour comprendre ce qu’il s’était passé.

 

Car à cette époque, ma définition du travail et de sa valeur était encore sous le filtre de mon éducation. J’entends encore mon père me dire « dans la vie, on a rien sans travailler dur » et ma prof de math en classes préparatoires « pour réussir les concours il faut s’astreindre à un minimum de 70 heures de travail par semaine ». Pour mes aînés, le travail était forcément associé à l’idée de contrainte et d’effort laborieux. Mais aujourd’hui encore, combien de personnes, cadres en tête, travaillent « la tête dans le guidon » se réfugiant dans leur PC portable en réunion, dans les gares et les aéroports, saturant leur agenda de peur d’être perçus comme n’étant pas assez occupés, se plaignant faussement de la centaine de mails reçus chaque jour. L’un d’entre eux prétextant dénoncer le « système » m’avouait devoir participer à plus de 40 heures de réunion chaque semaine! Heureusement pour lui, il s’en sortait, du moins en termes d’organisation ou de gestion du temps. Il avait beaucoup lu sur la question et maîtrisait toutes les techniques de planification et de gestion des « to do list ». Mais malheureusement pour ses équipes, son efficacité personnelle le privait du recul que ses responsabilités exigeaient.

 

Peut-être aurais-je dû lui conseiller la lecture de « La semaine de 4 heures » de Tim Ferriss. J’ai lu ce livre avec une certaine envie mais sans trop y croire. Travailler 4 heures par semaine et vivre comme un millionnaire, c’est trop beau pour être vrai. Pourtant, il y a peu de temps j’ai rencontré un « Tim Ferriss français ». Car les temps changent, grâce à internet notamment, nous le savons tous. Le « web » offre des perspectives, encore impensables il y a quelques années, à de jeunes entrepreneurs décomplexés. J’ai fait la connaissance de ce spécimen, la trentaine, un look West Coast US, mal rasé, mal habillé. Avec sa petite équipe, son français imparfait, il rentre dans les caisses de sa modeste entreprise 50 000 € de trésorerie chaque semaine qui s’écoule. Le tout en ne « travaillant » qu’une heure par jour. Juste pour piloter son business et accompagner son équipe très autonome. Et que fait-il le reste du temps? « Je réfléchis à ce que je veux devenir, aux opportunités et je fais des rencontres » confie-t-il. Rien ne semble pouvoir arrêter cet ambitieux jeune homme passé grand maître dans l’art de se forger un destin,  de maîtriser ses émotions,  de composer avec celles des autres et de piloter sa vie comme Lewis Hamilton sa Formule 1 (avec, petite ombre au tableau, le même souci « d’optimisation fiscale » que le champion )

 

L.Hamilton

 

Je dois reconnaître que son assurance m’a parfois agacé. Sa force résidait dans la vision très claire de la personne qu’il voulait devenir et de sa façon de développer son business. C’est de l’ordre de l’intime, du moins cette vision n’est vraiment accessible que par son équipe dont il est très proche. Mais sur un point, j’ai réalisé à quel point ses actes étaient cohérents de ses grands principes. En particulier, il a une vision très claire des clients qu’il souhaite servir. Il est capable de stopper un projet de contrat à tout moment quel que soit l’enjeu financier si son potentiel client ne rentre finalement pas dans ses critères. Je m’en suis aperçu à mes dépens. Apparemment, mon exigence de rigueur semblait avoir heurté la confiance qu’il semblait vouloir accorder à notre relation. C’était une affaire à 30 k€. Il m’a très calmement expliqué que dans son univers, même pour des sujets de 100 k€ il ne s’encombrait pas d’autant de formalisme. J’étais tenté de le qualifier de charlatan, avant de me rappeler qu’il faisait régulièrement affaire avec des personnes très sérieuses. J’étais tout de même très contrarié et je me serais probablement fâché s’il n’avait pas fait preuve d’une très grande maîtrise de ses émotions et d’empathie à mon encontre. En final, il lui aura fallu moins de 20 minutes pour mettre un terme à notre affaire, m’expliquer très calmement ses motivations, comprendre ma déception et m’offrir – sans que rien ne l’y oblige – 50% de remboursement sur une prestation qu’il avait déjà réalisée pour moi. Il m’aura donné ces 3 leçons : être clair sur sa vision, piloter son activité voire sa vie pour mettre ses actes en cohérence de sa vision et en toute circonstance garder un très haut niveau de qualité dans toutes ses interactions avec les personnes qu’il côtoie.

 

D’autres heureuses rencontres m’ont permis d’évoluer professionnellement mais surtout sur le plan personnel. Je m’attache à cette notion de vision qui donne du sens à mon activité quotidienne. Ainsi, pour moi aujourd’hui, faire 15 minutes de sieste, ou 30 minutes de méditation tous les jours sont pour moi des tâches à forte valeur ajoutée. Ce ne sont ni des distractions ni des « mudas » au sens du lean management. De même, je ne sacrifierai pas mes 10 heures de sport hebdomadaire ou mes 10 semaines de vacances dont une bonne partie passées au bout du monde avec ma famille. Et pourtant je n’ai jamais aussi bien gagné ma vie. Je suis beaucoup plus riche qu’avant. Et pas uniquement sur le plan matériel. Certaines choses sont redevenues essentielles pour moi. Elles l’ont toujours été je crois, mais ce qui change c’est que je ne fais plus aucune concession pour réussir ces choses essentielles quitte à en faire moins. D’une certaine façon je pilote mon temps et mes priorités uniquement au regard de ce qui est essentiel. Je travaille moins dans l’urgence. Je fais davantage ce qui me motive, je me rends plus disponible, en terme de temps, mais surtout en qualité d’écoute. Ce n’est pas facile, tant j’ai appris à juger, à regarder les autres avec mes propres lunettes. C’est un effort quotidien qui suppose de composer avec mes propres émotions et celles des autres. Je ne me suis pas pour autant transformé en « Bisounours ». J’aime diriger, relever des challenges, secouer les habitudes. Mais j’ai pris conscience que l’exigence ne mène pas loin sans la qualité des interactions avec les personnes que je côtoie. Cela m’a valu un débat très animé avec un cadre de terrain lors d’une formation. Pour ce rugbyman bon enfant et plutôt jovial, le manager se doit parfois d’user du fameux « coup de pied au c… ». Il n’a pas complètement tort. Mais ce principe, encore trop souvent érigé au rang d’une forte croyance, ferme la porte à tout autre forme de management. Et malheureusement, l’exemple vient parfois de très haut, il suffit de regarder le comportement de Donald Trump, président de la plus puissante démocratie, face à Pyongyang.

 

Mais n’en déplaise à Trump, cette attitude est anachronique. Je le constate tous les jours chez mes clients. Leurs collaborateurs veulent que leur job ait du sens et que cela colle avec leurs motivations profondes. Ils privilégient la qualité des relations à l’intérêt intrinsèque d’un poste ou au niveau de rémunération. Ils aspirent à plus d’autonomie dans le pilotage de leur activité. De plus en plus de personnes, déçues par ce que leur offre le monde des grandes entreprises, créent leur propre petite structure et vendent eux-mêmes services ou produits s’aidant des formidables opportunités qu’offre internet. Les collaborateurs qui restent s’accommodent d’une situation, pas toujours enthousiasmante, mais somme toute confortable. A moins qu’ils aient la chance d’avoir à leurs côtés des managers VIP.

 

Un manager VIP

 

1. Elabore et partage la vision de son activité avec son équipe

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2. Veille à maintenir un haut niveau de qualité dans toutes ses interactions

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3. Pilote l’Essentiel et élimine l’urgent

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